Semaine pleine à St-André

Ah les récits mythiques des grands anciens sur St-André… Ce ne sont pas que des fables.

Environ 18 pilotes, parfois plus, parfois moins, parfois végétariens, parfois pas (vous êtes déjà perdu? Le service d’intendance aussi, prière d’ajuster le nombre de convives à la dernière minute.) ont eu la joie de partager une semaine au pays du parapente. « La pire semaine à St André » a-t-on pu entendre au détour d’une terrasse… Aussi la plus belle, vue que c’était la première pour certains.

Pas effrayé par le trajet qui sépare les rives du Léman des rives du lac de Castillon, le RVL est parti en vadrouille. Les opportunistes auront réussi à voler le vendredi en chemin. Tout le monde s’est retrouvé dès le samedi matin, frais et dispos, pour aller s’envoyer une petite virée en direction d’Allos. Mihai Horn aura déjà eu l’occasion de briller par ses talents d’explorateur en remontant à pieds au Cordeil après une vache à mi pente. On salue la performance de celui qui prends toujours les bâtons de marche dans la sellette, « au cas où ».

Bien échauffé par cette première virée, la troupe ambitieuse planifie un grand tour du lac amélioré pour le dimanche. La réalisation se fera avec des fortunes diverses: visite improvisée de l’alambic de Lambruisse qui distille la lavande, un biplace posé en haut dans la forêt, quelques ambitieux se gourent à proximité du sommet éponyme et finissent vachés de l’autre côté de la crête, ça gaz à fond.

Le lundi, les choses se gâtent, beaucoup de vent est annoncé. Certains iront à vélo d’autres grimper, tandis que les plus motivés, ou les plus contemplatifs, ou les moins équipés (à choix), se rendent à St Vincent les Forts… où le vent n’est pas si fort, enfin plus que Vincent est saint. Un peu de patience et tout s’allume, les efforts de Vincent le perche au fort (de Dormillouse) puis jusqu’à Kandersteg-sur-Bléone, trou profond qui coule entre la crête de gauche qui donne et la crête de droite qui donne. Les amateurs de compromis apprécieront. Pendant ce temps, Marc et Vanessa sont plus efficaces à la prise de décision et boucleront le retour (enfin presque… mais c’est un détail).

En toute logique, un magnifique mardi vient à la suite de ce lundi. Il y a encore du vent mais les pilotes qui n’ont pas volé la veille sont échaudés. Les plus pragmatiques auront fait le choix stratégique d’une randonnée très matinale et d’un vol avant le petit déjeuner, aussi connu comme « l’arme absolue pour une journée sans stress ».

Après 3h de Land, dont environ 1h30 à flâner hors de la Land, un plan foireux suggéré par DR nous conduit à Aiguine, surplombant le lac de Sainte Croix. Attention les mirettes, la vue vaut le détour. Conditions musclées sketchogènes, mais tout le monde prend le chemin des airs, avec ou sans traversée du Verdon, avec ou sans posé à la plage, avec ou sans baignade, avec ou sans pizza pour le goûter et sans accident en cactus sauvage sur le chemin du retour. C’est pas de la chance, on vous dit, c’est de la maîtrise. (NDLR: cette excursion a tout le potentiel pour devenir un grand classique esthétique et gourmand).

Le retour à la normale du vent est annoncé pour le mercredi. Ce qui s’avérera particulièrement pas-tout-à-fait-exact car l’équipée sauvage s’est bien fait cartonner à la montagne de Carton. Puis a bien gratté à la montagne de Boule. Beaucoup de jolis vols, des sourires et quelques coups de soleil peuplent cette journée. On aurait pu assister à une journée sans histoire si tout le monde avait l’habitude de jeter un œil dans le rétro avant de dégainer l’artillerie de vidange. Vous l’aurez compris, on a quand même une histoire à mettre dans le Grand Livre des Aventures du RVL à Saint André.

Jeudi, les conditions sont un peu moins fumantes, mais tout le monde volera quand même, de quelques tours fin-de-matinaux avec les vautours à quelques transitions en direction de Digne. Et puis Didier Comte, partenaire officiel des gourmandes et des gourmands est à nouveau ouvert. Le comité cinématographique du RVL proposera d’agrémenter la fin de journée avec la diffusion du film tout frais « Lost in Karakorum » d’Antoine Girard et Damien Lacaze, de quoi prendre du recul sur les +5 m/s (comparativement anémiques) qu’on aura (péniblement) croisé pendant notre séjour.

Les repérages du jeudi sont mis à profit pour une nouvelle journée prometteuse le vendredi, en direction de Laragne. King Boubi tire son épingle du jeu et poussera jusqu’à Sisteron tandis que le peloton s’étalera à divers endroits en chemin, voire verra son élan coupé par la montagne de… Coupe.

Parce qu’il ne faut pas être trop gourmand, le samedi sera consacré à la foire agricole, au trajet du retour pour certains et à une randonnée vers le lac d’Allos pour les dimanchistes pas encore tout à fait prêts à prendre la route. L’occasion enfin d’afficher une journée en déficit énergétique, bien aidés par la buvette du lac… qui était fermée. La pire semaine on vous dit!